Quelle est l'empreinte carbone d'internet ? - EcoBuddhism
consommation energie internet

Quelle est l’empreinte carbone d’internet ?

Internet est utilisé quasi quotidiennement par plus de 4 milliards de personnes dans le monde, dont vous et moi.

Si je parviens de mon côté à limiter mon impact sur l’environnement dans bien des domaines, je suis incapable de me passer d’internet, ne serait-ce que pour mon travail, comme chacun d’entre nous.

Pourtant, dans l’esprit collectif, on n’a du mal à se dire qu’internet est “mauvais pour l’environnement”, peut être même n’y avez-vous réellement jamais songé, pour une bonne raison : il est plus difficile d’en voir l’impact direct.

C’est pourquoi je me suis donné le défi aujourd’hui d’essayer de “quantifier” l’infrastructure de l’internet mondial afin de comprendre réellement ses conséquences sur l’environnement.

L’infrastructure internet

Si le secteur des technologies de l’information était un pays, il “ne se classerait qu’après” les États-Unis et la Chine en termes de demande énergétique mondiale (et juste devant la Russie).

Il y a 4 grands domaines dans le monde numérique qui entraînent cette consommation massive d’énergie :

  • la production
  • les appareils
  • les data center
  • le réseau

Ceci étant dit, deux consomment majoritairement, il s’agit des datacenter (centres de données) et de la communication en réseau (le network).

Les datacenters : des monstres énergivores

Dans un sens, les centres de données sont une nouvelle forme d’usines dans notre ère numérique.

Ils sont la matérialisation d’Internet.

Pour chaque site web, chaque recherche ou chaque vidéo regardée, l’information est puisée et stockée dans les milliers de piles d’ordinateurs qui constituent un centre de données.

En fait, l’internet avec lequel nous interagissons chaque jour n’est qu’un moyen intuitif et convivial d’accéder à ces serveurs, c’est l’interface homme machine en quelques sortes.

Et pour des entreprises comme Google, la quantité d’informations que les centres de données gèrent est énorme, et c’est là un euphémisme.

Google gérerait actuellement 16 centres de données qui agissent comme des nœuds interconnectés pour traiter plus de 40 000 requêtes de recherche par seconde.

Pour bien fonctionner, ces centres ressemblant à des moteurs ont besoin d’une grande quantité d’électricité.

Cela est dû en partie au fait que chacune de ces 40 000 recherches nécessite un peu d’énergie, mais aussi au fait que tous ces ordinateurs sont empilés pour générer beaucoup de chaleur, et la meilleure façon de les refroidir tous est la climatisation.

Selon une étude réalisée en 2015, la consommation d’énergie des datacenters s’élevait à environ 300 TWh/an en 2012, soit à peu près 2% de la demande mondiale. – source

Mais avec la généralisation de services comme les plateformes de streaming, les besoins en énergie des centres de données n’ont fait qu’augmenter.

La même étude prévoit que la demande énergétique des centres de données pourrait bien atteindre 13% de la demande totale en électricité de la planète : 13% !

Et si toute cette demande en énergie dépend fortement des combustibles fossiles, cela pourrait facilement entraîner une forte hausse des émissions de gaz à effet de serre.

Les réseaux de communications

Le deuxième pilier n’est autre que les réseaux de communication.

Selon un récent rapport de Greenpeace, les réseaux représentaient 29% de l’empreinte énergétique du secteur informatique en 2017.

Le réseau internet est ce qui permet à nos ordinateurs et à nos téléphones d’accéder aux centres de données.

Ils représentent un système compliqué de routes et de points de contrôle qui nous permettent de voyager à travers le web.

Mais pour faire passer les données des serveurs Internet vers nos appareils, nous avons besoin d’un câblage physique et d’une infrastructure de réception, ce qui nécessite une fois de plus de l’énergie.

En plus de l’installation physique des flux de communication effectuée par les fournisseurs d’accès à Internet, les routeurs et les récepteurs envoient, en termes très simples, des signaux électriques des centres de données à votre appareil Internet.

Les besoins totaux en énergie des réseaux de communication peuvent dépendre de la façon dont vous les calculez, mais une étude de 2012 affirme que la consommation totale d’énergie des communications sur les réseaux mondiaux était de 354 TWh par an : l’équivalent selon l’étude de l’énergie nécessaire pour alimenter les 32,9 millions de foyers américains pendant un an !

Mais ce n’est pas parce que l’infrastructure de l’internet nécessite de l’énergie que l’électricité doit nécessairement avoir une forte empreinte en termes d’émissions…

Les géants de la Sillicon Valley à l’instar de Facebook et Google font de grands progrès vers un internet plus vert, en achetant de l’énergie renouvelable aux services publics et en encourageant l’efficacité énergétique.

Le problème du streaming

impact internet environnement

Nous l’avons vu, le streaming est grandement responsable de la forte consommation de données et d’énergie associée à l’internet, avec des estimations selon lesquelles ces services vidéo représenteraient environ 80% du trafic internet.

Mais il est important de comprendre qu’il y a deux voies à suivre ici.

La première qui tient compte des conséquences environnementales de l’Internet, et l’autre qui repose sur un modèle d’entreprise typique, qui repose sur les combustibles fossiles.

A tire d’exemple, deux géants de la vidéo en ligne empruntent ces deux voies divergentes : Youtube et Netflix.

Greenpeace a en effet évalué les deux entreprises en fonction de différents facteurs comme la transparence, la composition énergétique et l’efficacité énergétique

Qui s’en sort le mieux d’après vous ?  

Bien, Netflix a reçu un “D” pour plusieurs raisons que voici :

  • Netflix ne rend pas publique la composition de sa consommation d’énergie
  • son service s’appuie sur les serveurs d’Amazon Web Service (qui fonctionnent avec des combustibles non renouvelables)
  • Netflix ne fait pas preuve d’initiative et de leadership lorsqu’il s’agit d’écologiser les serveurs de données et, en fin de compte, l’internet.

YouTube en revanche a reçu un “A” parce que :

  • Youtube et exploité par Google, qui a acheté plus de 2,5 gigawatts d’énergie renouvelable pour ses serveurs de données
  • Youtube a mis en place des outils comme l’apprentissage automatique dans ses centres pour mieux rationaliser le stockage et le rappel
  • Google s’est engagé à être transparent sur un objectif de 100% d’énergie renouvelable pour sa demande énergétique.

Pour voir plus de notes rdv ici.

En fin de compte, les besoins énergétiques de l’internet sont importants et ne font que croître, et cela ne risque pas de s’inverser.

Si nous n’y prenons garde, cette énergie entraînera une augmentation des émissions et de la consommation de combustibles fossiles.

Mais l’internet a aussi le potentiel d’être non seulement écologique, mais de dématérialiser des produits (comme les DVD ou les Jeux viedeos) et ainsi nous aider à supprimer certaines utilisations matérielles excessives.

Certaines entreprises de la Tech, comme Google, s’efforcent de rendre leurs datacenters et leurs infrastructures plus efficaces et plus écologiques. D’autres outsiders comme Ecosia propose de rendre différemment à notre planète.

Mais beaucoup d’autres ne le font pas.

Internet peut nous apporter énormément de choses, mais il ne sera une force environnementale positive que lorsque les moteurs cesseront de fonctionner avec des carburants fossiles.

Source : https://www.custommade.com/blog/content/uploads/2015/04/carbon-footprint-internet-final.jpg

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