Surpopulation : est-il vraiment là, le problème ?  - EcoBuddhism
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Surpopulation : est-il vraiment là, le problème ? 

Le débat au sujet de la surpopulation n’est pas nouveau.

Réchauffement climatique, surconsommation ou jour du dépassement sont des phénomènes fréquemment évoqués dans les médias, notamment en pointant du doigt l’augmentation de la population humaine sur la Terre au cours des siècles.

Les études démographiques sont sans appel. Aujourd’hui, la planète compte environ 7,7 milliards d’êtres humains et les prévisions indiquent un accroissement de 2 à 3 milliards d’individus à l’horizon 2050, soit environ une population planétaire de 10 milliards d’humains.

Pour beaucoup de personnes, ces données font froid dans le dos et certains spécialistes et chercheurs n’hésitent pas à tirer le signal d’alarme en prédisant la fin du monde si la croissance démographique n’est pas enrayée.

À première vue, le raisonnement paraît cohérent et il n’y a rien d’illogique.

Ainsi, l’implosion de notre planète sera inexorable si des mesures de régulation ne sont pas prises pour lutter contre la surpopulation.

Bref, si l’espèce humaine disparaît, c’est uniquement parce que nous sommes trop nombreux, voilà le fléau qui va causer notre perte ! Où est-ce le cas ?

Au-delà des chiffres et de ces propos alarmistes, la situation doit être analysée sous divers angles. L’objectif de cet article est de proposer des pistes de réflexion. En effet, le terme de surpopulation est extrêmement intéressant, car en fait, il pose plus de questions qu’il n’en résout. À vous de juger…

Surpopulation, une crainte depuis toujours

La crainte de la fin du monde en raison de la surpopulation n’est pas récente. Depuis plusieurs siècles déjà, c’est le chaos par la famine qui guette l’avenir de notre monde.

Ainsi, Malthus, célèbre économiste et pasteur britannique publia un véritable pamphlet en 1798, intitulé « Essai sur les principes de la population », où il préconisait de contrôler, voire d’interdire les naissances chez les populations les plus pauvres.

Il ira même plus loin dans son raisonnement en affirmant que la mortalité des plus démunis serait une régulation naturelle de la démographie !

Plus récemment, en 1968, les biologistes américains Paul et Anne Ehrlich publièrent « The population Bomb », véritable remake hollywoodien de l’essai de Malthus, où à leur tour ils vont démontrer qu’il y a beaucoup trop de monde sur notre planète…

Tout cela pour dire qu’il s’avère que l’on nous a appris à craindre et à blâmer la surpopulation de tous les maux possibles, et depuis fort longtemps. Mais qu’en est-il réellement ?

Les problèmes liés à la surpopulation et ses conséquences

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Bien entendu, les premières craintes concernent les réserves en eau et en nourriture que la planète peut encore nous fournir. Par ailleurs et au-delà de ces besoins primaires à satisfaire, la consommation d’une population est plus globale et l’impact environnemental doit aussi être pris en considération.

L’eau est indispensable à la vie et elle constitue donc une ressource vitale et inestimable pour l’humanité, mais aussi pour de nombreuses autres espèces. D’ailleurs, cette ressource caractérise la Terre en tant que planète habitable, d’où son surnom de Planète Bleue en raison de la présence importante d’eau qui la « colorise » lorsqu’on l’aperçoit depuis l’espace.

Outre l’inégalité face à l’accès à l’eau pour certains pays en raison des conditions climatiques propres à leur situation géographique, la surpopulation a évidemment un impact certain sur le niveau des réserves d’eau. Aussi, il ne faudrait pas que des conflits apparaissent entre les États avec pour conséquence désastreuse une Troisième Guerre Mondiale pour s’approprier ce trésor.

Aujourd’hui, le manque en eau se traduit par les chiffres suivants : environ un cinquième de la population mondiale ne dispose pas d’eau potable et un nombre important de pays, environ 80, connaissent des problèmes liés à la rareté de l’eau sur leur territoire. Bref, après la lutte pour l’or noir dans le passé, il est possible que l’homme se batte dans le futur pour s’accaparer l’or bleu.

Toutefois, des solutions existent pour prévenir une telle pénurie future en eau. Chercheurs et industriels les développent, mais ces techniques ont encore un coût trop élevé pour envisager un déploiement à l’échelle planétaire. C’est le cas par exemple en matière de transformation de l’eau de mer en eau potable grâce à la méthode de désalinisation.

Concernant la crainte d’insuffisance de nourriture et donc de famine, une analyse approfondie doit être là aussi menée. Aujourd’hui, il est avéré que les pays les plus riches et développés sont en mesure de faire face au besoin mondial d’alimentation. Toutefois, des problèmes de famine, de sous-alimentation ou de malnutrition sont observés dans différentes parties du globe et ceci en raison d’une distribution inégale des ressources alimentaires. Aussi, certains évoquent le fait qu’un accroissement de la population humaine ne peut qu’aggraver la situation.

Enfin, l’excès de population n’impacte pas uniquement les ressources en eau et en nourriture. En effet, la consommation des humains est plus vaste et ce fut Engel, un statisticien du 19e siècle, qui théorisa l’évolution de la structure de consommation d’un individu en fonction du niveau de son revenu. C’est la fameuse « Loi d’Engel », toujours utilisée de nos jours en modélisation économétrique.

Plus globalement, tous les besoins de l’être humain marquent la planète d’une empreinte écologique et celle-ci sera d’autant plus importante si la population est trop nombreuse. Une consommation excessive fait donc apparaître de nombreuses problématiques comme l’empreinte carbone et le réchauffement climatique, ou encore la déforestation, mais aussi l’agriculture intensive pour ne citer que ces soucis.

Mais la surpopulation est-elle vraiment la fautive ?

En se basant sur le fameux « Jour du dépassement » qui détermine la date à partir de laquelle l’humanité consomme plus de ressources naturelles que la Terre ne peut en fournir en une année, il n’y a aucun doute : nous courons à la catastrophe et au chaos… Si on se contente d’une lecture globale de ces données.

La question cruciale et sous-jacente ne serait-elle pas la suivante : qui est ce « Nous » ? Si l’on se réfère aux prévisions pour les décennies à venir, le continent africain, tant stigmatisé par rapport à sa croissance démographique, reste malgré tout un bon élève. Plusieurs pays d’Afrique n’ont tout simplement pas atteint le « Jour du dépassement » alors que les pays les plus riches sont de véritables gloutons dans leur consommation.

Par ailleurs, en poussant un peu plus loin le raisonnement, on se rend compte que la production de céréales est suffisante pour nourrir la planète entière… Sauf que la majeure partie de cet aliment est destinée à l’élevage d’animaux vendus par la suite « en pièces détachées » afin d’approvisionner les rayons des magasins de la minorité des pays suffisamment riches pour s’offrir de la viande ou du poisson.

Ainsi, la question mérite d’être posée : qu’est-ce qui est le plus efficace, le contrôle des naissances pour les pays du Tiers Monde ou le changement des habitudes alimentaires des pays du G8 ? La question mérite réellement d’être posée. De plus, en élargissant, il en est de même en matière de pollution et de réchauffement climatique…

En tout état de cause, la poursuite de la croissance des pays émergents combinée à la consommation actuelle des pays développés aura un impact réel sur l’environnement de notre planète si aucun changement n’est apporté dans la façon de vivre « à l’occidentale ».

Ce n’est donc pas la démographie qui est incontrôlable, mais bien la peur qu’elle suscite. Agiter la menace de surpopulation évite de se questionner sur nos modèles de société. Alors que ce serait plutôt sur ces modèles qu’il faudrait travailler.

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