Que pourra t-on retenir du Coronavirus (COVID-19) ? - EcoBuddhism
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Que pourra t-on retenir du Coronavirus (COVID-19) ?

Sorti tout droit d’un marché animal à Wuhan en Chine (quoi qu’en dise la propagande chinoise), le coronavirus est bien vite devenu une pandémie mondiale.

La Chine a logiquement due faire face en premier et mettre en quarantaine 50 millions de personnes, en plus de mettre pause à son économie.

Très vite les italiens ont suivis, suspendant toutes liaisons aériennes ainsi que tous prêts hypothécaires.

Un mot d’ordre partout, le confinement…des rues désertes dans plusieurs grandes villes du monde, du jamais vu pour notre génération. Trump, plutôt sceptique (euphémisme) au début, finit par bannir tous les vols en partance d’Europe.

Mais vous savez tout ça, vous connaissez toutes les actions drastiques prises pour faire face au coronavirus.

Mais avez-vous remarquez le contraste frappant dans la réponse mondiale entre le changement climatique et le coronavirus ? Que pouvons-nous tirer comme leçon du covid-19 et comment l’appliquer en réponse au changement climatique ?

En voilà une bonne question !

Le coronavirus, un problème d’ordre mondial

Tout comme le changement climatique, le coronavirus est un problème dont l’ampleur est mondiale, avec ses 14000 cas recensés et ses 5000 morts à l’heure où sont écrites ces lignes.

Les médias n’ont cessé de s’emballer et diffuser des news en boucle (normal vous me direz) du covid-19.

A côté de cela, un problème environnemental comme la pollution de l’air, estimé à environ 5millions de décès prématurés chaque année ne fait aucun gros titre.

Alors tâchons de nous servir de la réponse au coronavirus comme un outil dans l’approche à avoir, pas aujourd’hui ni demain, mais bien maintenant, pour faire face au changement climatique.

Parce que soyons clair, si l’on pouvait répondre au changement climatique comme on fait actuellement fac au covid-19, on serait en bon chemin pour réduire nos émissions de carbone.

Quelles différences entre coronavirus et changement climatique ?

On doit commencer par comprendre les différences entre les deux crises, dont la principale se fait au niveau du temps.

Alors que le changement climatique se “diffuse” lentement, se transformant en une menace catastrophique au fur et à mesure des années, le coronavirus, bien qu’invisible à l’œil nu, est là à nos portes, tout de suite.

Il est donc plus facile de douter en l’un que l’autre, même si le changement climatique est appuyer par de nombreuses études et qu’on en voit les changements au quotidien dans certains endroits du monde. 

Le coronavirus quant à lui se répand très vite et il y a une connexion très claire entre la cause et l’effet (même si cela n’a pas empêcher certains chefs d’état d’inciter à ne pas s’inquiéter…).

On sait que le corona se transmet par les gouttelettes qu’une personne produit en éternuant ou en toussant. Fort de ce savoir, on est en mesure d’établir une frontière claire entre actions et conséquences.

On sait ainsi que des mesures claires comme de se laver les mains ou se confiner peuvent permettre de stopper la propagation du virus.

Mais le réchauffement climatique, ce n’est “pas si simple”, on sait que c’est “réel” (même si beaucoup choisissent de l’ignorer) et que c’est graduel, mais cela peut être masqué, notamment “grâce” à des campagnes réussies des grands groupes pétroliers.

Le lien est moins évident entre les émission et la mort, la connexion est moins “directe”.

Le changement climatique est responsable de changements extrêmes de températures et de certaines catastrophes naturelles, mais le coronavirus a déjà fait des centaines de milliers de morts, ce sont des faits bien plus directs qui entraînent des réactions qui le sont tout autant.

D’un côté on a donc un changement climatique lent et sans morts directes (à priori) : 

  • doutes scientifiques
  • progressif
  • manque de volonté politique

Et de l’autre en revanche le coronavirus :

  • confinement de la population
  • conséquences claires
  • effet immédiat
  • soutien politique fort

Mais ce que le coronavirus peut nous enseigné, c’est qu’il y a une connexion claire entre les émissions et l’économie.

La croissance freine, la planète respire

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Vous avez sans doute tous aperçu sur un réseau social cette image de la NASA qui montre le fossé entre la pollution de l’air en Chine avant et pendant la vague d’épidémie.

Il semble clair que le déclin de l’activité économique (en réponse au cas de covid-19) en Chine est la cause de ce revirement rapide de situation.

Le magasine CarbonBrief affirme que l’arrêt de l’industrie dû au coronavirus en chine a temporairement réduit d’un quart les émissions de CO2 du pays. Ce qui pourrait avoir avoir réduit le nombre de décès prématurés dû à la pollution de l’air, ironiquement.

la pandémie révèle donc quelque chose de grave, il y a un lourd tribut caché d’émissions de combustibles fossiles qui est ici et maintenant, juste sous nos yeux.

Et pour prévenir des millions de futures morts causées directement par la combustion de combustibles fossiles (ou indirectement par le réchauffement climatique) : le monde doit agir rapidement !

Rappelons ce passage issu du rapport de changement climatique : 

dans les modèles avec un dépassement nul ou limité à 1,5° C, les émissions nettes mondiales de CO2 d’origine anthropique diminuent d’environ 45 % par rapport aux niveaux de 2010 d’ici 2030

mais beaucoup affirment que de tels changements sont impossibles.

Vraiment ? 

Ne venons-nous pas justement de voir le contraire ? 

Ce que nous montre le coronavirus, une lueur d’espoir ?

Le covid-19 nous montre que collectivement et à très grande échelle, on peut réaliser des changements structurels impactant face à une crise.

Y’a t-il une crise plus grande que le changement climatique pour notre génération ?

Des pays comme l’Italie ont presque supprimé les voyages, de nombreuses rues autrefois très fréquentées sont désormais dépourvues de voitures.

La semaine de travail se raccourcit pour certains, d’autres adoptent le potentiel des logiciels de messagerie et de chat vidéo au lieu de se déplacer sur de longues distances, et certaines entreprises ont échelonné les horaires de travail pour réduire le trafic.

Des pistes cyclables temporaires ont été aménagées dans toute la ville de New York et la marche et le vélo ont été privilégiés par rapport aux autres modes de transport.

Quelques résultats au niveau des décongestionnement des routes (chiffres comparés à 2019) : 

  • -38% de trafic à NYC
  • -57% à Rome
  • -39% à Beijing
  • -37% à Madrid

Alors bien entendu, la réponse au réchauffement climatique n’est pas de confiner tout le monde pour toujours, ce serait un désastre complet.

Mais tout cela nous montre que les ralentissements économiques sont non seulement possibles mais nécessaires pour réduire drastiquement les émissions.

mais cela nous montre aussi que ces changements structurels ont besoin d’avoir des sécurités sociales comme :

  • une garantie d’emploi
  • un vaste réseau de transports publics gratuits
  • un système d’énergie à faible émission de carbone et à faible coût

Sans quoi cette décroissance sera néfaste des millions de personnes.

Concrètement on fait quoi ?

Les propositions d’action climatique comme le “new deal” doivent intégrer ce type de cadre essentiel dans l’élaboration de leurs politiques, car pour lutter rapidement contre le changement climatique, nous avons besoin d’une transition structurelle rapide.

Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que cette décroissance n’a pas besoin de rimer avec la perte d’emplois et ne doit pas se faire dans la douleur.

Cela devrait au contraire rimer avec temps libre, opportunités et une économie plus axée sur la qualité.

Le coronavirus, aussi triste soit t-il, nous a montré que la réduction d’émissions est possible rapidement en cas de crise majeure, et c’est exactement ainsi que nous devrions traiter dès aujourd’hui le changement climatique.

Mais il nous a aussi montré autre chose, que cette réduction massive et cette décélération doit se faire avec filets de sécurité, comme des systèmes de santé performants pour tous.

Si nous ne mettons pas cela en place rapidement, le covid-19 paraîtra bien sympa à côté de ce qu’engendrera le changement climatique.

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