Feux en Australie, comment en est-on arrivé là ? - EcoBuddhism
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Feux en Australie, comment en est-on arrivé là ?

Les français sont de plus en plus nombreux à aller vivre en Australie. En tête de file, il y a les PVTistes désireux de se perdre dans les déserts et de se faire peur face à la faune locale.

En 2017, ils étaient quasiment 23 000, se pourrait t-il que ce chiffre redescende en 2020 et que nos frenchys décident finalement de ne pas faire un tour sur planet-visa ?

Pour quelle raison…peut être parce que l’Australie brûle.

Comment en est t-on arrivés là ?

Impossible d’être passé à côté, l’Australie a brûlé sous de grandes flammes et continue d’ailleurs de brûler.

Des arbres carbonisés, des familles entières de koalas décimés…bref, l’enfer sur Terre et des vidéos sur les réseaux sociaux dignes des plus grands films apocalyptiques…sauf qu’il n’y a pas eu d’happy ending.

A l’autre bout de la planète, difficile de ne pas se sentir inutile et désarmé…avec toujours cette question qui revient : comment en est t-on arrivé là ?

Les conséquences sont catastrophiques, à ce point les experts estiment que ce sont déjà plus d’un million d’animaux qui ont péris dans les flammes infernales.

Les fameux giga feux qui ont atteint jusque 70m de hauteur ont tout ravagé sur leur passage, ils ont laissés des traces dans tous les états d’Australie, et à l’heure où ces lignes sont écrites, ils continuent de décimer deux grandes régions : le New South Wales et Victoria.

Au total et depuis le début de la période de sécheresse en Australie, ce serait pas moins de 10 millions d’hectares de terres réduites en cendres, avec au passage des villes détruites comme Balmoral.

Côté perte humaine, environ 30 personnes auraient succombées.

Cette destruction apocalyptique est le résultat d’un “parfait” alignement de condition.

Tout d’abord 2019 a tristement battu des records historiques en étant l’année la plus sèche et la plus chaude en Australie, le tout avec des vents très forts.

Ces records de températures associés avec un manque cruel de pluie sont selon les spécialistes, un exemple parfait de la façon dont le changement climatique exacerbe les catastrophes naturelles.

Et ce n’est que le début d’un cercle vicieux, car à mesure que ces feux déciment la faune et la flore, ce sont près de 400 000 000 tonnes de COZ qui sont relâchés dans l’atmosphère…

L’Australie, un cas loin d’être unique

Feux amazonie

Ces “bushfires” (feux de brousse) dévastateurs se retrouvent également en Sibérie, en Indonésie ou encore en Californie et en Afrique centrale.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’ils sont également légions dans une autre région du globe, l’Amazonie.

Attardons nous sur celle-ci quelques instants.

Souvenez-vous il y a quelques mois de cela, le monde entier pleurait le triste destin de la forêt amazonienne.

La raison était un peu différente dans le sens où ces feux là étaient directement à mettre sur le compte de l’humain et son besoin de créer toujours plus d’espace pour des terres destinées à l’agriculture animale.

De nos jours il n’y a plus de gros titres dans les journaux car notre attention est focalisée ailleurs, mais l’Amazonie brûle bel et bien toujours.

En 2019, les incendies d’origine humaine ont brûlé 976 200 hectares de la forêt amazonienne.

Or, comme vous le savez, l’Amazonie est à juste titre surnommée le poumon du monde, un centre de biodiversité qui séquestre des millions de tonnes de dioxyde de carbone chaque année, 5% environ de nos émissions annuelles.

Problème, les réglementations se sont assouplies au Brésil si bien les bûcherons et les éleveurs intensifs ont mis le feu aux lisières de la forêt tropicale pour faire place à l’industrie.

L’Amazonie a déjà connu dans son histoire de nombreuses déforestations dévastatrices, elle n’a cessé de rétrécir encore et toujours.

Pour couronner le tout, le changement climatique rend ces incendies encore plus graves, car les températures sont plus élevées et les paysages plus secs…ce qui rend ces feux impossibles à contrôler.

Continuons notre tour de planète avec d’autres endroits où il faut une chaleur étouffante, pour cela, je vous encourage à vous rendre sur le site suivant : windy.com qui recense en temps réel les brasiers actifs.

J’attire votre attention sur l’Afrique centrale quelques minutes. Non, on n’en parle pas beaucoup, mais il semble pourtant qu’elle soit elle aussi engloutit par les flammes.

Le comble, cette région est plus grande que l’Amazonie !

Il existe toutefois une légère différence entre ces feux, les incendies dans les pays d’Afrique centrale comme l’Angola sont principalement saisonniers et localisés sur la savane et les prairies.

Ils sont en majeure partie sur les bords de la forêt tropicale du Congo mais n’ont pas encore autant empiété sur le cœur de la forêt.

Pourquoi ?

Parce que les agriculteurs et les éleveurs d’Afrique centrale ont mis en œuvre des brûlages contrôlés dans les prairies, et ce depuis de siècles.

Ils mettent le feu à des herbes séchées avant la saison humide pour utiliser les cendres comme engrais et purger les parasites des terres. Le fait est que la savane centrafricaine ne pourrait pas exister sans ce “contrôle continu”.

Après la saison des feux, la savane repousse souvent rapidement et de façon dynamique.

Ce processus apparaît comme très différent de celui du Brésil, où les feux sont utilisés sans discernement comme un outil pour dégager la forêt tropicale et ouvrir la voie pour les grandes entreprises à fortes empreintes en carbone.

Bref, d’un côté on a des feux saisonniers, de petite taille, agricoles dans une savane résistante, de l’autre de gros feux industriels et perpétuel au cœur de la forêt tropicale qui peut prendre plus de 30 ans pour repousser.

Mais si on ne les contrôle pas, les incendies non réglementés qui atteignent la forêt tropicale du Congo pourraient représenter un problème pour son écosystème. Avec le réchauffement climatique, la forêt tropicale du Congo devient de plus en plus sensible aux incendies incontrôlés.

En conclusion

Il est comme souvent question de réglementation, certains de ces “mégafeux” sont inévitables et naturels, d’autres liés à des traditions agricoles de longue date essentielles pour maintenir des prairies saines.

Toujours est t-il que les intensités des infernaux ne font que de s’accroître et que nous constatons depuis peu sont en partie dues aux démantèlements de la réglementation environnementale qui permettent aux grandes entreprises de nuire aux gens et aux terres en toute impunité.

Pour en revenir à l’Australie et à son Premier ministre Scott Morrison, celui-ci a été placé en sécurité en vacances à Hawaï alors que son pays entier luttait contre les feux…

Cela en dit bien long sur la façon dont Morrison a ignoré la question et les conséquences du changement climatique en faveur d’une plus grande rentabilité et d’un plus grand confort.

Ce Premier ministre est en effet un champion de l’industrie charbonnière australienne qui pèse 70 milliards de dollars.

En 2015, en tant que trésorier, il a apporté un morceau de charbon au Parlement et a déclaré : “ceci est du charbon, ne soyez pas effrayé !”

Alors que le pays pour lequel il travaille continue de brûler, il soutient toujours l’industrie du charbon…une industrie qui a sans aucun doute donné naissance au changement climatique qui intensifie aujourd’hui les tragédies des feux de brousse australiens.

Le président brésilien Jair Bolsonaro quant à lui a adopté une approche similaire en réduisant de 23 millions de dollars le budget de l’agence brésilienne de protection de l’environnement et a nommé un ministre de l’environnement condamné pour avoir falsifié des cartes de plans de protection de l’environnement pour aider les compagnies minières.

Des dirigeants comme Morrison et Bolsonaro sont donc en partie responsables des incendies de leur pays, ou du moins ils ne font absolument rien pour les arrêter.

Ils ont pourtant le pouvoir et l’influence nécessaires pour réguler et faire évoluer leurs sociétés vers un monde plus juste avec moins d’émissions, donc des incendies plus facilement gérables.

Au lieu de cela, ils se battent corps et âmes pour donner aux industries à but lucratif toujours plus de pouvoir au dépends de la santé de la terre et de la sécurité de leurs pays, tout cela en échange d’un gain personnel.

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