zéro déchet

Toutes les limites du mouvements Zéro Déchet (+ solutions)

Comme toute personne dont l’alimentation est principalement composée de végétaux, je mange énormément.

Connaissez-vous le problème du tofu ? Du moins, l’un des problèmes ?

Ce qu’il y a autour, à savoir l’emballage plastique.

J’ai essayé à maintes reprises de minimiser mes déchets, par des défis, des expériences et d’autres interdictions totales, mais c’est vraiment difficile dans un monde où tant de choses sont emballées dans du plastique, du tofu aux légumes bio !

Quand il s’agit de déchets, je me suis toujours fixé de nobles objectifs en essayant de faire aussi bien que ces influenceurs zéro déchet qui parviennent à faire tenir des années de détritus dans un seul bocal, mais force est d’admettre que je ne suis pas aussi douée.

Éliminer toutes mes ordures, ou devenir zéro déchet m’a toujours semblé irréalisable.

Aujourd’hui, j’aimerais examiner en quoi l’élimination totale des déchets est une bonne solution à notre problème mondial de gestion des déchets et s’il existe des alternatives viables pour ceux qui, comme moi,  n’y parviennent tout simplement pas.

C’est quoi vraiment, le zéro déchet ?

Le zéro déchet est une solution à l’échelle de individu, axée sur le consommateur.

Il vise à s’attaquer au problème croissant des déchets en réduisant au minimum le nombre de matériaux que les gens accumulent et qui finissent dans les décharges et les centres de recyclage.

L’image qui incarne le mieux ce mouvement est sans nul doute ce bocal rempli de petits déchets.

Pour certains influenceurs, un tel bocal équivaut à environ 4 ans de déchets ! 4 longues années de vie rendez-vous compte…cela ne se fait pas sans une belle organisation et de réels ajustements.

Mais bien sûr, vous ne pouvez jamais vraiment réduire votre impact à zéro.

Vos actions et votre mode de vie auront toujours des conséquences environnementales d’une certaine ampleur.

Pour les gens qui produisent peu ou pas de déchets, la majorité de leur impact se fait donc avec la fabrication du produit en lui même.

On dit que le vrac ne crée pas de déchet mais ce n’est pas tout à fait vrai, il y a tout de même les emballages, les émissions de carburant émis pour produire, les stocker, expédier et contenir les produits en vrac.

Les poires sont un autre bon exemple.

Pour les conserver au frais, chaque poire est généralement emballée individuellement et stockée dans une caisse.

Elles sont ensuite expédiées par une chaîne d’entrepôts et éventuellement à une épicerie et tous ces petits morceaux de papier le long du plastique utilisé dans le processus sont jetés à la poubelle. Et les poires de l’épicerie semblent finalement sans emballage.

Pour beaucoup, ce processus de traitement est invisible.

L’idée derrière zéro déchet est donc de minimiser et d’éliminer les déchets visibles dont nous avons le contrôle immédiat.

Ainsi, en ce sens, ceux qui peuvent réduire considérablement leurs déchets atteignent leur objectif.

Mais pour beaucoup, les barrières à l’entrée du zéro déchet sont tout simplement décourageantes. Beaucoup n’ont pas ou ne peuvent pas se permettre d’acheter des produits réutilisables pour remplacer le plastique, ou pour des raisons hygiéniques et médicales, des articles en plastique à usage unique peuvent s’avérer nécessaires.

Pour moi, il a été incroyablement difficile de commencer à zéro déchet, surtout quand il y a très peu de magasins de vrac dans le voisinage.

Pour rester fidèle à un mode de vie sans gaspillage, vous avez besoin de beaucoup de temps, d’efforts et d’argent.

Mais d’une certaine façon, ce n’est pas la faute du mouvement zéro déchet.

En effet, ils ont fait du bon travail en mettant en lumière notre relation excessive avec les déchets.

Il est terriblement difficile d’éliminer les déchets parce que nous avons bâti notre économie mondiale autour de l’idée que les conséquences des articles à usage unique sont minimes et que nos déchets disparaissent comme par magie lorsqu’ils partent à la poubelle.

Les règles apparemment inatteignables du zéro déchet, combinées au fait que la majeure partie du monde est emballée dans une sorte de paquet, font que beaucoup de gens, moi la première, sont découragés d’essayer même d’atteindre le zéro déchet.

Devrions-nous repenser alors le modèle zéro déchet ?

réduire ses déchets
On peut participer autrement à la réduction globale des déchets, en commençant par exemple par demander à sa municipalité un système de tri performant (mise en place de bacs à compost pour commencer)

Le zéro déchet ne devrait donc pas se limiter à ne produire aucun déchet.

Au lieu de cela, il devrait plutôt mettre l’accent sur le fait d’amener plus de gens dans la démarche et de les aider à développer une meilleure relation avec leur flux de déchets.

C’est en tout cas à mon sens une bien meilleure approche plutôt que de rechercher la perfection de l’absence de déchets (un peu comme d’amener les gens à réduire leur consommation de viande plutôt qu’à la stopper).

Dans cette optique, existe-t-il des alternatives plus accessibles ?

Oui, vous pouvez très bien commencer par là où les déchets sont produits. Par exemple, on a tous déjà vu ces fruits bio préemballés dans des sacs plastiques. La démarche zéro waste voudrait que l’on n’achète pas ce sac plastique plein de pommes pour ne pas ramener ce déchet à la maison. C’est un bonne chose à l’échelle individuelle, mais cela n’empêchera pas d’autres personnes d’acheter cet emballage.

Une autre démarche qui pourrait avoir un meilleur impact serait de contacter l’entreprise qui met ces pommes en sac pour leur dire que l’emballage n’est pas nécessaire et qu’en tant que client on est tout à fait capable de mettre des pommes dans son propre sac, et de travailler avec eux sur une solution alternative.

Ce n’est qu’un exemple, mais vous pourriez tout aussi bien parler avec le manager de votre supermarché pour qu’il mette en place un distributeur en vrac, ou demander à votre café local préféré de mettre en place de la vraie vaisselle pour réduire les déchets plastiques, etc.

En plus d’éviter certains emballages dans votre propre vie, si vous collaborez avec des entreprises ou des magasins pour réduire au minimum leur utilisation d’emballages inutiles, vous pourriez aider les autres à réduire leurs déchets.

Le point essentiel est le suivant : bien que le zéro déchet réduise votre impact, vous pourriez potentiellement créer de plus grands changements environnementaux en vous attaquant à des problèmes structurels, comme une pétition pour un service de compostage dans votre région.

C’est à nous en tant que citoyens de faire pression sur nos élus locaux pour qu’ils mettent en place des systèmes de tris et de gestion de déchets performants.

Autre chose, vous pouvez organiser des “runnings déchets” ou rejoindre des groupes existants. Le but est simplement de courir/marcher en groupe tout en ramassant les déchets sur les routes, une bonne manière de joindre l’utile et l’agréable.

Pour ceux qui le peuvent, le zéro déchet peut être un moyen important de changer et de remettre en question leur relation avec les ordures, mais une approche réussie des problèmes mondiaux de déchets ne doit pas se limiter à des actes individuels.

En effet, des solutions structurelles, comme de repenser les flux de déchets et la collaboration avec les entreprises pour éliminer les emballages inutiles, sont essentielles pour créer un monde dans lequel il est facile de coexister éthiquement avec notre environnement proche.

La gestion des déchets est une tâche primordiale.

Pour redéfinir notre relation avec les déchets, nous devons penser non seulement d’un point de vue sociologique, mais aussi d’un point de vue mathématique.

Ce qu’il faut retenir : 

  • le mouvement zéro waste est une excellente chose mais peut être très dur à mettre en place (voir décourageant) et à tenir sur le long terme
  • ce n’est pas quelque chose qui est possible partout et cela dépend un peu de l’endroit où l’on vit
  • on peut créer des changements parfois plus importants en pensant au delà de l’échelle individuel et en se rendant à l’endroit où sont crées les déchets

Pour aller plus loin : https://www.vox.com/the-goods/2019/1/28/18196057/zero-waste-plastic-pollution

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