Les trottinettes électriques en libre service sont t-elles bonnes pour l'environnement ? - EcoBuddhism
trottinettes électriques

Les trottinettes électriques en libre service sont t-elles bonnes pour l’environnement ?

Dans la plupart des grandes villes de France, nous avons affaire à une invasion venue de la Silicon Valley, sous forme de trottinettes électriques dont on peut librement se servir.

Simples d’utilisation, très demandées, elles sont déployées dans de plus en plus de villes à travers le monde et se veulent respectueuses de l’environnement.

Ces trottinettes ont pour ambition de s’imposer comme un mode de transport “green” et de contribuer à faire baisser l’empreinte environnementale.

Ce qui lui a valu un tel succès, c’est sans doute la possibilité de trouver cette monture en quelques secondes seulement depuis son téléphone (via une carte montrant tous les emplacements de trottinettes disponibles), puis de la conduire via un petit montant en scannant simplement un QR Code.

En fin de trajet on la dépose où l’on souhaite jusqu’à ce que quelqu’un d’autre l’empreinte.

Vous en avez forcément croisé de toutes les couleurs  et dans n’importe quel endroit, des entreprises comme Lime ont transformé ce jouet pour enfant en un moyen de transport sérieux pour adulte.

Ces “jouets” ont plutôt bonne pub, puisqu’un sondage  de Qualtrics mené sur 500 adultes aux États-Unis.s. indique que 2/3 des participants estiment que ces véhicules pourraient avoir un effet positif sur leur ville et seraient bons pour l’environnement.

C’est ce que semble également affirmer le géant Lime, qui dit avoir fait économiser près de 244940 kilos de carbone au cours du premier trimestre 2018.

Mais comme le dit un rapport Vox, cette réponse n’est pas satisfaisante car cela dépend de plusieurs facteurs dont les suivants :

  • qu’est ce que remplace  un trajet en trottinettes (certains ne marchent plus)
  • où sont t-elles chargées et avec quel type d ‘énergie
  • qu’advient t-il des trottinettes qui sont jetées (voir massacrées comme c’est le cas dans les grandes villes)
  •  quelles sont leurs durée de vie

Ce sont tous ces facteurs qui entrent en jeu dans l’empreinte écologique de ces trottinettes.

Comment sont chargées ces trottinettes libre service ?

Puisqu’elles ne sont raccordées à aucun point de rassemblement, on peut logiquement se poser la question de la recharge.

Et bien en fin de la journée, certains freelances partent en quête des trottinettes déchargées de la ville et les ramènent chez eux pour les recharger pendant la nuit.

On les appelle les juicers et ils gagnent jusqu’à 5€ par trottinette, de l’ubérisation tout ce qu’il y a de plus classique.

Donc si vous vivez dans une ville avec un réseau électrique qui fonctionne grâce au vent ou au soleil, votre trottinette électrique sera garantie sans émission.

Si ce n’est pas le cas (et c’est plus que probable par chez nous), votre monture favorite émet du carbone et possède un impact environnemental qui granit à mesure que la flotte de véhicule s’élargit.

Quel mode de transport remplacent ces trottinettes ?

Si vous regardez quels modes de transport remplacent les trottinettes, ces dernières ne réduisent l’empreinte carbone que si elles viennent remplacer un trajet en voiture ou en bus.

Si c’est en revanche une alternative à un trajet à pied ou en vélo, elles pourraient faire plus de mal que de bien…

Selon l’enquête Qualtrics, 34% des conducteurs utilisent les engins non pas pour se déplacer ou aller au travail, mais simplement pour le plaisir…

C’est sans parler des adolescents qui traînent avec toute la journée pour les jeter n’importe où en fin de compte…

Cela pourrait donc entraîner une demande énergétique accrue. et donc plus d’émissions de gaz à effet de serre.

En revanche pour les personnes qui les utilisent au lieu de conduire, elles sont parfaites pour de courts trajets multimodaux, par exemple entre le domicile d’une personne et une gare.

A quelle fréquence les compagnies remplacent t-elles leur flotte de véhicules ?

cimetière de vélos libre service en Chine
A ce train là, les trottinettes en libre service pourraient bien vite finir dans un cimetière comme il en existe tant en Chine (ici des vélos, crédit image https://next.liberation.fr/arts/2018/12/12/vol-au-dessus-des-necropoles-de-velos-chinois_1697273)

Voilà une dernière préoccupation environnementale.

Les trottinettes semblent très utilisées dès qu’elles pénètrent une nouvelle zone et certaines entreprises n’hésitent pas à revendiquer qu’elles peuvent récupérer le coût d’un véhicule après seulement deux à trois semaines de d’utilisation…

On peut donc comprendre par là que les fabricants ne s’embêtent pas vraiment à remplacer les véhicules cassés/démolis, les entassant bien souvent dans des décharges. Pourtant, il faut extraire à minima les matériaux dangereux pour l’environnement, tels que le lithium contenu dans les batteries.

Ces dernières pourraient même être réutilisées pour de nouvelles batteries, et o ne peut qu’espérer que ce soit le cas.

Malheureusement, il n’y a qu’à se promener à Marseille, Lyon ou Paris pour apercevoir respectivement des trottinettes jetés dans la mer, dans le Rhône ou dans la Seine. Autant dire que tout cela n’a rien de bon pour l’environnement ni pour les eaux. Paris possède même son propre cimetière de trottinettes à ciel ouvert non loin d’Austerlitz.

Ces nouvelles entreprises technologiques peuvent minimiser leurs coûts environnementaux de production et de fabrication, et si l’intention est louable, l’impact environnemental des ces engins motorisés dépend en définitive de leur contexte et de ceux qui les utilisent.

Si vous remplacez votre déplacement matinal en voiture pour aller à la gare par un trajet en trottinette, trottinette que vous rangez soigneusement et qui sera  plus tard rechargé par de l’énergie issue du vent ou du soleil, c’est du tout bon.

Si vous faites 3 heures de trottinette pour le plaisir avant de jeter votre deux roues rageusement dans un coin d’eau…ça se complique.

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