fast fashion

Les conséquences de la mode, ou plutôt de la “fast fashion”

L’influence de la fast fashion se répand sur tous les continents.

Le géant de l’accoutrement Zara vaut maintenant 13 milliards de dollars, avec des magasins dans plus de 93 pays !

Je reconnais que j’y ai contribué comme beaucoup en allant faire des emplettes chez H&M et Uniqlo, il faut dire qu’à moins de 10€ les Tshirt en coton il y a de quoi se laisser tenter…

Mais à bien y réfléchir, comment peut on décemment fabriquer, transporter et marketer un vêtement pour si peu d’argent ?!

Pour être honnête, c’est impossible.

Il y a d’énormes coûts humanitaires et environnementaux qui se cachent derrière des prix aussi bas.

Bien que nombre de ces entreprises aient commis de nombreuses violations des droits de l’homme, je me concentrerai uniquement sur les problèmes environnementaux causés par la production en masse de vêtements bon marché.

Quelles sont les conséquences environnementales de la smart fashion ?

Le terme “fast fasion” (renouvellement très rapide des collections de vêtements) est un terme générique qui décrit le processus accéléré de création de vêtements à vendre basé sur des idées de design innovantes.

Dans le cas d’un magasin comme Zara, par exemple, il ne faut pas plus de 14 à 21 jours entre la conception et la vente d’un produit.

Et cette capacité à créer de nouvelles tendances si rapidement, combinée à des campagnes de marketing bien pensées, signifie que des magasins comme H&M peut renouveler ses produits rapidement pour générer de l’intérêt pour de nouvelles collections de vêtements.

Ces chaînes sont au milieu de la mode ce qu’est MacDonald au milieu de la restauration rapide.

Ces marques lancent de nouveaux vêtements presque chaque semaine.

Cela signifie non seulement que les consommateurs sont tentés d’acheter les derniers pantalons ou chemisiers, mais aussi que les vieux articles ne restent pas longtemps à la mode.

Cette surconsommation constante  à l’opposé du courant minimaliste a de fortes conséquences environnementales.

Du côté fournisseur, la plupart des vêtements sont faits d’un matériau appelé polyester, qui est une fibre à base de pétrole qui nécessite une grande quantité de combustibles fossiles pour produire.  Selon Forbes, ce nombre atteint aujourd’hui 70 millions de barils en un an.

Le développement de la mode rapide et l’augmentation de la production de polyester sont étroitement liés. La production de polyester pour l’industrie textile dépasse de loin celle d’autres matériaux, tels que le coton ou la laine.

Il s’agit d’un problème grave, principalement parce que le polyester est une substance non biodégradable. Il faut entre 20 et 200 ans pour que le polyester se dégrade selon les conditions. C’est l’une des principales causes du microplastique dans les océans.

Parce que lorsque vous les nettoyez, les vêtements en polyester répandent des microfibres qui finissent dans des eaux plus grandes.

Bref, le polyester ne coûte pas cher. Il réduit considérablement le coût de production des pantalons, et tout cela est possible parce qu’il est utilisé au détriment de l’environnement.

Des problèmes côté post consommation également

Mais la mode rapide a aussi créé de nombreux problèmes liés au post-consommation.

Surtout des déchets.

Sur les 5 millions de tonnes de vêtements mises sur le marché, près de 4 millions de tonnes de textiles, neufs ou usagés, sont jetés en Europe chaque année. France Inter

Chez nous en France, un adulte moyen achète environ 30 kg de textile par an, ce qui correspond à la moyenne des pays européens les plus riches. Sur ces 30kg, seuls 2,5kg par an et par personne seront recyclés (deux fois moins qu’en Allemagne). Le recyclage se fait soit par des dons directs à des associations, qui trient et donnent aux personnes les plus démunies, soit via des entreprises d’insertion comme le Relais.

Pensez à des applications comme Vinted qui vous permettent de revendre ou échanger vos vieux vêtements !

Ceci est dû en partie à l’exposition constante à la publicité, qui prône le message : “se débarrasser de l’ancien pour faire place au nouveau”.

Les dommages causés par cette nouvelle industrie à but lucratif ne sont pas visibles sur les étiquettes.

L’industrie de la mode est aujourd’hui devenue la huitième industrie la plus polluante en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Elle est responsable de 92 millions de tonnes, soit 4% des déchets solides annuels dans le monde.

Donc, le coût réel des Tshirts en coton H&M va bien au delà de 10 malheureux euros.

Que pouvons nous y faire ?

Malheureusement, en tant que consommateurs, nous ne pouvons pas faire grand-chose pour changer les pratiques de l’industrie de la mode.

Cela dit, il existe de bonnes alternatives aux entreprises de “fast fashion”.

Au même titre que l’on peut privilégier un artisan aux bons produits locaux à un Macdonald, on peut se tourner vers des entreprises qui travaillent de façon transparente sur le coût et la production de leurs produits intemporels et de qualité.

Mais encore mieux que d’acheter du neuf d’une entreprise éthique, on peut acheter d’occasion ou échanger des vêtements.

Non seulement vous empêchez les vêtements de se retrouver dans le dépotoir, mais vous ne servez plus ce système qui maltraite ses travailleurs et détruit notre environnement.

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