L’abeille noire est en péril - EcoBuddhism
abeilles noires

L’abeille noire est en péril

L’abeille domestique, Apis mellifera se retrouve naturellement présente sur une grande partie de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie occidentale. Par contre elle est à l’origine absente d’Océanie et du continent américain, mais y a été introduite pour valoriser les ressources en nectar et pollen.

On retrouve cet insecte social dans des régions aux climats et à la flore très variés. Partout les différentes lignées de cette espèce ont dû s’adapter pour survivre sous des conditions parfois hostiles.

Ces insectes de l’ordre des hyménoptères se rencontrent depuis les savanes tropicales d’Afrique jusqu’aux forêts de Scandinavie, en passant par les oasis sahariennes, les maquis méditerranéens et les prairies tempérées européennes.

L’abeille domestique se décline ainsi en de nombreuses sous-espèces et variantes géographiques que distinguent les yeux des initiés.

Les sous-espèces d’abeilles européennes

L’Europe a été colonisée – il y a plusieurs millions d’années – par plusieurs lignées d’abeilles en provenance d’Asie ou d’Afrique. Des populations se sont établies et sont restées isolées les unes des autres par les massifs montagneux du continent (Pyrénées, Alpes,…).

Elles ont dû reculer durant les périodes de glaciation, puis ont poursuivi leur évolution. Les principales sous-espèces d’abeilles européennes sont :

  • l’abeille italienne (Apis mellifera ligustica)
  • l’abeille carniolienne (Apis mellifera carnica) que l’on retrouve dans les régions des Balkans, en Slovénie et au sud de d’Autriche
  • l’abeille caucasienne (Apis mellifera caucasica), qui est localisée à l’est de la Mer Noire
  • L’abeille ibérique (Apis mellifera iberica), indigène d’Espagne et du Portugal
  • Et l’abeille noire (Apis mellifera mellifera) que l’on rencontre sur l’ouest du continent européen et notamment en France

Notons qu’il existe aussi des métissages entre sous-espèces d’abeilles géographiquement voisines. Il existe alors des zones de transitions où l’on rencontre des formes intermédiaires.

Enfin l’Homme a contribué à introduire des populations dans des zones où elles étaient absentes. Et durant le 20ème siècle des travaux de sélection ont été menés pour “créer” des races d’intérêt agricole.

La plus connue est bien entendu l’abeille de l’abbaye de Buckfast en Angleterre. Elle a été sélectionnée par le frère Adam en croisant différentes sous-espèces et notamment l’abeille italienne avec l’abeille noire d’Angleterre.

Pour vous faire une idée de la diversité d’abeilles présentent en France, observez un buisson en fleurs. Et vous verrez sans doute des abeilles avec des colorations différentes : annelées en brun et de jaune, noire ou brune, couleur grisée,…

Focus sur l’abeille noire

abeille noire

Les variations géographiques de l’abeille noire

L’abeille noire est présente sur une vaste étendue à l’ouest du continent européen. On la rencontre en France, en Grande-Bretagne, sur la zone du Benelux et plus au nord jusqu’en Scandinavie méridionale. L’abeille noire est particulièrement adaptée aux divers climats d’européens et aux hivers qui peuvent y être longs et rigoureux.

En son sein on retrouve de nombreuses variations géographiques : abeille noire des landes, abeille noire provençale, abeille noire corse,…

Les différences entre ces variantes s’expriment notamment sur la capacité à exploiter les ressources florales dont les floraisons n’interviennent pas toujours au même moment de l’année. Les abeilles noires des landes sont par exemple capables de se concentrer sur les floraisons estivales des bruyères.

D’autres particularités touchent des comportements de cet insecte. Ainsi les abeilles noires de Bretagne et des autres zones océaniques sont aptes à voler par des températures fraîches et sous le crachin !

Alors qu’avec de telles conditions, d’autres abeilles noires resteraient dans leur ruche à attendre un retour de conditions plus favorables.

Les apiculteurs apprécient les capacités de l’abeille noire à réduire la taille de leur colonie pour passer la période hivernale. Dans une petite colonie, il y a moins de ventres à nourrir et par conséquent ces colonies réduites durant l’hiver peuvent résister plusieurs mois avant l’arrivée des beaux jours et des floraisons.

Mais les apiculteurs reprochent à l’abeille noire des réactions parfois agressives à l’ouvertures des ruches. Ce tempérament de défense dépend aussi de l’état de la colonie, mais aussi de la génétique de la lignée. Certaines “souches” sont plus dociles que d’autres.

Une abeille en difficulté

En France, les abeilles noires sont en danger. Comme tous les pollinisateurs, ces insectes sociaux sont victimes des pratiques agricoles intensives et notamment de l’emploi d’insecticides de synthèse. Chaque année les épandages de pesticides tuent des milliers de colonies.

Les abeilles ont parfois du mal à trouver de quoi se nourrir. Et en cas de disette, les colonies peuvent ne pas passer l’hiver. En effet, on assiste dans certaines régions à une raréfaction des peuplements végétaux originels.

Les monocultures sont souvent de véritables déserts pour les abeilles qui y trouvent bien peu de fleurs. Pour survivre, les abeilles doivent pouvoir butiner pendant plusieurs mois afin d’accumuler suffisamment de réserves.

Notons aussi que les colonies d’abeilles, qu’elles soient gardées dans des ruches ou bien qu’elles colonisent des cavités naturelles, sont aussi touchées par des parasites et d’autres agents pathogènes introduits.

Le plus connu est le varroa. Il s’agit d’un petit acarien qui vit fixé sur les abeilles et se nourrit d’hémolymphe c’est-à-dire du “sang” des abeilles. Les colonies peuvent être rapidement décimées par une infestation importante de cet acarien. Heureusement il est possible de traiter.

Autre envahisseur lui aussi originaire d’Orient, le frelon asiatique. Il s’agit d’un insecte prédateur des abeilles qui est capable de faire très rapidement d’énormes ravages dans les ruchers.

L’abeille noire était par le passé très employée en apiculture. De nos jours, afin de pouvoir maintenir une forte production et répondre aux exigences du marché, les apiculteurs professionnelles se tournent vers des sous-espèces comme l’abeille italienne ou bien une race comme l’abeille Buckfast. De leur côté, les amateurs font souvent le choix d’abeilles moins agressives pour leurs activités de loisir.

On retrouve alors dans les arbustes fleuris et les prairies différentes sous-espèces d’abeilles européennes. Cette cohabitation provoque immanquablement un métissage.

L’abeille noire reçoit des gènes d’autres races d’abeilles et perd son originalité. En d’autres termes, elle va perdre ce qui fait d’elle un insecte parfaitement adapté à sa région.

La conservation de l’abeille noire

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’abeille noire ne fait pas l’objet d’un statut de protection spécial en France. Ainsi l’érosion génétique et le recul de leurs territoires se poursuivent.

Néanmoins, il existe plusieurs associations, mais aussi des unités de recherche qui se penchent sur le présent et le futur préoccupant de cet insecte.

On retrouve ainsi en France, plusieurs conservatoires dont la mission partagée est de maintenir les souches d’abeilles noires locales et d’en faire la diffusion auprès des apiculteurs qui souhaitent contribuer à sa sauvegarde.

Certains conservatoires se sont établis sur des îles afin de garder leurs lignées d’abeilles hors de portée des abeilles métissées du continent.

Le Conservatoire de l’abeille noire de Ouessant est l’un des plus connus dans l’hexagone. Il contribue à repeupler les ruchers en Bretagne (un rucher est un ensemble de ruches) et dans différentes régions en France.

L’Association des apiculteurs amateurs de Haute-Provence travaille aussi sur un projet comparable. Le milieu montagnard et les situations isolées des vallées alpines offrent un refuge aux souches d’abeilles autochtones. Cette association se propose aussi de former les débutants à la pratique de l’apiculture.

Le Conservatoire de l’abeille noire de l’Orne est aussi très actif. Il travaille avec le CNRS sur la génétique de l’abeille noire présente en Normandie, non pour sélectionner, mais bien pour préserver toute la biodiversité des souches normandes. Les activités d’élevage et de multiplication d’essaims permettent la diffusion des abeilles locales à destination d’amateurs, d’associations et de professionnels. La vidéo suivante présente leurs activités et leur implication en conservation.

Enfin l’Observatoire français d’apidologie situé dans le massif de la Sainte-Baume dans le département du Var, travaille à la sélection de l’abeille noire et à son “amélioration” en vue de développer davantage de résistance aux parasites comme le varroa, mais aussi pour exprimer des qualités recherchées par les apiculteurs du sud-est de la France.

Etudier pour en savoir davantage sur les abeilles et l’apiculture

abeilles noires

Dans le contexte actuel subit par l’abeille noire, les chercheurs, conservateurs et apiculteurs impliqués dans sa protection attendent un changement de comportement du plus grand nombre d’entre nous.

Bien entendu, la consommation ciblée de produits labellisés est un bon geste pour l’apiculture nationale. Mais il peut-être plus profitable de s’investir soi-même dans l’apiculture de loisir.

Mais attention… Si vous souhaitez accueillir une colonie d’abeilles, vous devez respecter la législation en vigueur pour placer vos ruches à distance suffisante du voisinage. Afin de connaître les distances minimales légales consultez votre mairie. Ces distances peuvent varier d’une commune à une autre.

Vous devrez aussi vous déclarer en ligne comme apiculteur et obtenir un numéro. Car oui en France vous êtes considéré comme apiculteur dès la première ruche.

Les abeilles sont des êtres sensibles qui demandent à être correctement entretenus pour vivre et se développer. Il est important de s’initier à l’apiculture au sein d’un rucher école. Vous y rencontrerez des personnes expérimentées pour vous guider dans votre apprentisage, mais aussi d’autres amateurs. Pour rejoindre un rucher école proche de chez vous, consultez la page suivante : https://apiculture.idlwt.com/formations-apiculture-en-france

Bien entendu, apprendre les gestes et dompter sa peur sont les premières étapes indispensables pour être un bon apiculteur. Mais il peut aussi être profitable de vous plonger dans la connaissance de l’abeille en suivant une formation théorique en ligne. La formation d’apiculture et d’apidologie d’IDLWT permet de suivre des leçons par visioconférences. Ces wébinaires sont présentés par des professionnels et des experts des abeille.

Pour en savoir davantage rendez-vous sur le site : www.apiculture.idlwt.com

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